Il est là, assis sur une couverture, à l'ombre d'un vieil arbre dans ce parc de Londres. Paul McCartney a sorti un roman de son sac et tourne ainsi quelques pages en tendant l'oreille par moment sur la musique des oiseaux. Quel roman cela pourrait être, se demande l'auteur. Un roman islandais, peut-être. Un roman de lui-même ? La claque... Paul, le héros de sa jeunesse, il l'a accompagné tout au long de sa vie, qui lit un de ses livres. Mais comment oser l’aborder après ça ? Il a croisé souvent le regard de Paul, dans les étapes clés de sa construction d’écrivain, comme dans ce bus qui l’a emmené dans le Nord de l’île pour des vacances d’été, la bande des quatre assis au fond en train de composer de nouvelles musiques, une foire pas possible.
De la poussière, des poils et des litres de bières, de bourbon et de vodka à l'herbe de bisons...
mercredi 21 février 2024
L'Eternel et Johnny Cash à l'arrière d'une Trabant
Il est là, assis sur une couverture, à l'ombre d'un vieil arbre dans ce parc de Londres. Paul McCartney a sorti un roman de son sac et tourne ainsi quelques pages en tendant l'oreille par moment sur la musique des oiseaux. Quel roman cela pourrait être, se demande l'auteur. Un roman islandais, peut-être. Un roman de lui-même ? La claque... Paul, le héros de sa jeunesse, il l'a accompagné tout au long de sa vie, qui lit un de ses livres. Mais comment oser l’aborder après ça ? Il a croisé souvent le regard de Paul, dans les étapes clés de sa construction d’écrivain, comme dans ce bus qui l’a emmené dans le Nord de l’île pour des vacances d’été, la bande des quatre assis au fond en train de composer de nouvelles musiques, une foire pas possible.
dimanche 29 novembre 2020
Blizzard
Le vent, le blizzard, la neige.
La
houle, les vagues.
La
nuit, les étoiles et la tristesse des anges.
Les éléments se déchaînent, et la poésie m’enchaîne.
Je me retrouve prisonnier du vent, du blizzard, d’une tristesse qui me colle à la peau comme de la neige mouillée et qui dissout lentement mes vieux os. Je m’engouffre dans une taverne, des bruyants ancêtres vikings qui versent et déversent des gobelets métalliques remplis de cervoise se réchauffent joyeusement, pas que la cervoise se serve chaude dans ce coin reculé de la Terre et du monde glacé.
« Les étoiles comme la lune disparaissent et bientôt la clarté, l’eau bleutée du ciel, vient tout inonder, cette délicieuse lumière qui nous aide à nous orienter à travers le monde. Pourtant, elle ne porte pas si loin, cette clarté, elle part de la surface de la terre et n’éclaire que quelques dizaines de kilomètres dans l’air où les ténèbres de l’univers prennent ensuite le relais. Sans doute en va-t-il de même pour la vie, ce lac bleuté à l’arrière duquel l’océan de la mort nous attend. »
Je m’installe au fond de la salle, mélange de pénombre et de vieille poussière que des siècles de lecteurs ou d’ivrognes ont fréquenté. Je reste silencieux, je lis juste une phrase, ce n’est pas de l’indifférence ce silence, c’est juste un de ces instants magiques, comme quand la lune bleue s’éveille au milieu d’une foule d’étoiles et d’embruns.
jeudi 24 août 2017
Le Paradis Perdu
« … la mer sommeille, la montagne somnole et le silence règne dans le ciel… »
L’Islande.
Dès les premières mesures de ce roman, je m’y suis trouvé. Installé même. Le
froid, l’iode. La mer qui me fouette le visage. Le roulis de ce vieux bateau de
pêche. Pêche à la morue. Et ce silence. Un silence lourd qui m’envahit. Un
silence qui fait partie de moi. J’ai envie d’y aller, « Entre Ciel et
Terre » pour ressentir ces émotions, ce parfum, cette poésie de la mer et
des landes. Et puis le vent, la pluie glaciale, le blizzard. J’ai oublié ma
vareuse. Fuck le blizzard. « Le vent de la Mer Glaciale souffle, il forcit à chaque minute qui passe et éructe des flocons de neige. »
« Les hommes n’ont nul besoin de mots, ici, en pleine mer. La morue se fiche des mots, même des adjectifs comme sublime. La morue ne s’intéresse à aucun mot, pourtant elle nage dans les océans, presque inchangée, depuis cent vingt millions d’années. Cela nous apprend-il quelque chose sur le langage ? »

