jeudi 9 mars 2023

Le dernyer oyseau s'est envolé

Je ne vays pas te mentyr, je connays mal le groupe, ayant plus eu l'habytude de fréquenter dans le passé les frères Allman et leur Band.

Yl y avayt donc Ronnie Van Zant,

Yl y a encore Johnny Van Zant

et quelques autres membres.

Et puys j'entends que Gary Rossington s'en est allé, dernyer membre fondateur de Lynyrd Skynyrd.

Totalement égoÿste ou hédonyque, c'est donc pour moy l'occasyon

de réécouter en boucle, s'yl le faut j'y laysseray mes plumes, le chef d'œuvre du rock sudyste, de ses envyrons et de byen au-delà de la douce Alabama,

un rock quy dépoussyère la playne de ses peynes et quy donne la lyberté à l'oyseau de s'envoler de sa cage.

Free Bird.



Lybre, je veux être lybre, se dyt-yl, déployant ses larges ayles au-dessus d'un feu de camp et d'une bannyère étoylée, d'un troupeau de bysons et de femmes en jean moulant santyags, d'une foule en sueur et en délyre.

Free Bird, un hymne.

La lyberté est éternelle. 

mardi 7 mars 2023

Charlie et ses drôles de dames


« Les lumières de bienvenue éclairèrent les quatre silhouettes sombres qui venaient de se faufiler entre les trois voitures garées devant la maison. Tex nota la présence d'une Porsche 911, d'une Pontiac Firebird et d'une Chevrolet Camaro toute neuve louée par Sharon Tate en attendant la réparation de la Ferrari de Roman. Ces voitures flamboyantes dormaient dans la beauté simple, méditerranéenne, du grand jardin de la maison. Les guirlandes de Noël les éclairaient comme dans la vitrine des concessionnaires de luxe qui vendaient leurs gros jouets dangereux aux stars de la pop et aux jeunes vedettes du Nouvel Hollywood. »

Aux premières lueurs du jour ou à l’orée d’un soir, j’ai allumé la radio. Une station FM de vieux, probablement, avec de vieux tubes chantant et entraînant, entêtant... Ça passait un air de déjà-entendu, un titre des Beach Boys, station FM de très vieux je te l’accorde. Beach, tubes, le sable fin, des surfeurs qui courent sur la plage, des surfeurs sui sautent sur une planche, des surfeurs qui s’engouffre dans un tube d’eau et d’écume. Et le soleil. Et les surfeuses, ne jamais oublier les surfeuses bronzées. California Girls sur des ondes ensoleillées. J’aime ce genre de vibrations.

mercredi 1 mars 2023

Je m'appelle Henry


Dark Chicago cold wind, nothing to do except cruising...
 
Cela remonte aux années 90, un groupe qui flirte avec les références de Rage Against the Machine et un titre sur leur premier album, [No One Is Innocent] - Henry, serial Killer. Cela commence donc avec cette chanson, basé sur un film de 1986. Du coup, je pense que j'avais du voir le film avant le rock. D'ailleurs revenons au rock, genre fusion metal, de ce groupe de Pigalle, dont je me rends compte que je ne connais et n'ai écouté que ce premier album. Après, ils disparurent de mon scope auditif sans aucune raison, alors qu'ils ont fait notamment quelques premières parties, avec Motörhead ou Guns N' Roses.
 
Que j'aime cette intro à la basse, cette nonchalance tranquille, prendre la route dans les rues illuminées par de faibles réverbères de Chicago... Avant qu'une certaine fureur ne s'installe... Calme, fureur, calme, fureur, tempo lent, tempo acharné...
 
Henry was a sweet little name...
 
 

lundi 27 février 2023

Le Fils de l'Antiquaire de Valparaiso


"Si mon père lisait ces pages, il me dirait que les choses ne se sont pas passées comme ça. Tu aurais dû me demander avant, me reprocherait-il, et pendant un bon moment il ne me parlerait plus. Peut-être pour toujours. Si ma mère lisait ces pages, elle aurait quelques doutes, elle se sentirait triste, mais ensuite elle comprendrait - ou inventerait - les raisons qui m'ont poussé à parler d'eux.
Quelles sont ces raisons ? J'y ai pensé souvent et il n'y en a peut-être qu'une seule : je crois que je veux les trahir. Je veux trahir la mémoire de mes parents, je le dis à voix haute, je veux les trahir avec la seule chose que je puisse faire : un roman dont je ne sais pas si je pourrai le terminer."
 
Le bateau fit escale à Valparaiso. Descendu sur la jetée, je me retrouve à errer dans ses rues poussiéreuses à la recherche d'un bar capable d'étancher ma soif. Le soleil brûle le sel qui ronge ma barbe et ma peau. Je cherche l'ombre sous les arbres, allant dans les ruelles les plus étroites afin de m'abriter et de la chaleur et du vent. C'est ainsi au détour d'un labyrinthe de rues sans vie que je trouve un magasin d'antiquité à la devanture intrigante. "Collection  Privée" est peint sur la vitrine, je pousse la porte m'attendant à voir un vieux loup de mer échoué du Cap Horn. 
 
Mais non, c'est le fils qui m'accueille, c'était bien la boutique du vieux par contre. 
 

mercredi 22 février 2023

la Blonde qui vomit à l'arrière des taxis


 « Huejotzingo se reposait. Cette nuit-là, d'évidence, les fantômes se promenaient paisiblement, certains de ne pas être importunés.
Il était revenu au village afin de chercher les vestiges des jours précédents : mouvement, lumière, corps faits de rythme et de fracas, odeur de poudre et rues ornées de papier crépon. Mais c'était un retour inutile, rien ne se répéterait, aussi avait-il noyé son angoisse dans le mezcal qu'on lui offrait à chaque étal. »

Enrique dit « Le Corbeau » pour son pardessus noir qu’il porte continuellement, roule sur la route fédérale 190. Chauffeur de taxi, il se dirige vers Huejotzingo. Ambiance de fête, musique dans les rues, un cirque s’installe sur la place centrale, au milieu des nains sans sa blanche neige, à moins que ça soit cette blonde qui vomit à l’arrière de mon taxi. Je deviens corbeau noir, oiseau de mauvais augure, qui vole sous les étoiles de Puebla, l’esprit ailleurs, le regard perdu sur une lune qu’il ne voit plus…