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mercredi 22 février 2023

la Blonde qui vomit à l'arrière des taxis


 « Huejotzingo se reposait. Cette nuit-là, d'évidence, les fantômes se promenaient paisiblement, certains de ne pas être importunés.
Il était revenu au village afin de chercher les vestiges des jours précédents : mouvement, lumière, corps faits de rythme et de fracas, odeur de poudre et rues ornées de papier crépon. Mais c'était un retour inutile, rien ne se répéterait, aussi avait-il noyé son angoisse dans le mezcal qu'on lui offrait à chaque étal. »

Enrique dit « Le Corbeau » pour son pardessus noir qu’il porte continuellement, roule sur la route fédérale 190. Chauffeur de taxi, il se dirige vers Huejotzingo. Ambiance de fête, musique dans les rues, un cirque s’installe sur la place centrale, au milieu des nains sans sa blanche neige, à moins que ça soit cette blonde qui vomit à l’arrière de mon taxi. Je deviens corbeau noir, oiseau de mauvais augure, qui vole sous les étoiles de Puebla, l’esprit ailleurs, le regard perdu sur une lune qu’il ne voit plus…

jeudi 20 décembre 2018

Asparagaceae


Troisième “affaire” de l’avocat Morgado. Je le comprends rapidement, Morgado se comporte plus comme un détective privé dans ce pays qu’un maître du barreau. Mais bon, quand son amour de jeunesse requiert ses services pour retrouver son mari, pilote d’hélicoptère américain et disparu des radars, il ne peut une nouvelle fois refuser le « job ». Je comprends aussi que cela soit dans ses deux précédentes enquêtes ou celle-là, le volume des pages tient à peine dans un verre de Tequila. Quelques quatre-vingts pages, à peine de quoi entamer la bouteille, une pincée de sel, un quart de citron suffit.

« Morgado aurait bien aimé avoir le sourire de dérision qu'affichent les privés du septième art, mais sa douleur à la tête, bien qu'atténuée par l'aspirine, lui en ôtait l'envie. Dans le rétroviseur intérieur, il vit le visage d'un homme fait, dans un triste état. »

Morgado a la tête du détective privé, le penchant pour la boisson en moins. Mauvais point pour lui, j’aime quand les privés ont leur flasque dans le vieil imper troué. D’un autre côté, un imper à Mexicali peut paraître superflu ou pervers, encore que j’aime bien la perversion.

vendredi 5 octobre 2018

Le Cimetière des Guppies

Quelques gouttes dans un verre, ou un côté "si-je-prenais-soin-de-mon-corps" conjugué à un "si-je-me-faisais-une-couleur" me poussent à pénétrer l’antre de ce Salon de beauté. Un accueil chaleureux, couleur chatoyante, calmitude et zénitude pour profiter des rayons de soleil qui se couchent avant la nuit chaude qui m’attend dans les ruelles mexicaines. Tenu par un travesti extravagant mais avec l’âge introverti, il a le sens de la déco et l’amour de son prochain.

Pour l’ambiance, des dizaines d’aquarium, les poissons ça calme, ça rend serein, ça rend zen ? Ça aide à oublier le monde et sa relative cruauté. Il m’explique qu’il a commencé avec des guppies, parce que c’était plus ou moins faciles à élever, avant de relever le défi sur des poissons plus colorés ou plus carnivores.

Un mal incurable, poisseux, quelques pestiférés tabassés dans les rues. Pour l’amour de son prochain, ses activités de « salon de beauté » ont dérivées pour prendre en charge des personnes dont personne ne voulait, des malades, des vieux, des fins de vie que l’on souhaite se décharger. C’est mieux qu’une décharge, mais cela reste quand même un mouroir. Mais un mouroir humain.

mardi 20 février 2018

Les Escales de Nad' et du Bison : Mexique

Lieu : Mexico, Mexique
Lever du soleil : 7h01  | Coucher du soleil : 18h38
Décalage horaire : - 7h
Météo : 21°. Beau temps peu nuageux. Vent faible
Latitude : 19.432608 | Longitude : -99.133208
Musique : Calexico, Crystal Frontier
Un Verre au Comptoir : Mezcal, avec le ver


 


Une odeur de soufre, un parfum de chair putréfiée. Je n’ose pas rentrer dans la pièce. J’ai rêvé d’une détonation cette nuit. Il s’est fait sauter le caisson, pressentiment sauvage, le bison de la nuit me l’a murmuré à l’oreille, comme d’autres susurrent à l’oreille des chevaux ou d’une brune dans le coït bestial. Tu n’échapperas pas à cette voix, ni toi, ni moi, le bison rode, et tu vois cette mare de sang, le corps gluant et puant de ton ami gisant sur le lino virant du blanc-poussière ou sombre-carmin. Sombre karma que cette nuit.

« Tu n’échapperas pas au bison de la nuit. »