
« Cool », dis-je. J’ai à la main un verre vide avec des glaçons fondus et du citron vert, les restes d’une margarita.
A
Los Angeles, la Californie ne me fait plus rêver depuis belle lurette, même
Ginette avec ses seins en plastique, même Lucette et ses lèvres aussi
proéminentes que ses fesses. Je m’assois à la terrasse d’un café, crêpe Suzette
et Suze cassis. Rain, blonde à certaines heures – je ne l’affuble pas du
diminutif de Rainette - s’assoit près de moi, la mini de rigueur, je glisse ma
main entre ses cuisses, son sourire me dit « arrête, arrête », mes
doigts glissent entre les poils de son pubis, ses yeux pétillent d’envie, mon
majeur pénètre son intimité, elle croit que je vais lui écrire une histoire, un
scénario qui fera d’elle une star, avec du glam et du sperme autour de ses
lèvres. Je commande deux vodkas glacés, la chaleur me brûle les idées, les
pages restent blanches avant de jaunir par le soleil. La vodka fond dans ma
bouche, Rain fond sur ma queue, j’arrive encore à bander, je l’emmène dans ma
chambre, celle d’une suite(s) impériale(s) avec jacuzzi et corbeille de fruits.
Je m’allonge sur le lit. Elle me déshabille, elle se déshabille. Pas de strip, juste une pipe. Je sors un bouquin de Bret Easton Ellis. Je me rappelle de ma jeunesse, ses grandes œuvres, « American Psycho » ou mon summum « Glamorama ». Depuis, je sombre dans l’alcool, dans les souvenirs, dans les chambres où les putes s’enchainent autant que les mignonettes de bourbon. Je n’attends plus rien de la vie, après tout, je suis un « moins que zéro ».
« Pour m’apaiser, elle m’embrasse sur la bouche. « J’ai passé un bon moment », dit-elle en me caressant le visage, et le bruit de la climatisation entre en compétition avec le grand sourire, et puis le sourire et l’air frais, selon le cours des choses, s’intensifient, ça devient presque frénétique, et j’attire Rain vers moi sur le lit, et je presse mon visage contre ses cuisses et j’aspire son odeur, et puis j’essaie de la retourner, mais elle me repousse gentiment. Je baisse le drap pour exhiber mon érection, et elle cherche à paraître désinvolte et fait rouler ses yeux. Je peux soudain voir mon reflet dans un miroir à l’angle de la chambre : un adolescent à l’air vieux. »
California
Dreaming, je glisse un doigt dans son cul, pas ce soir, se retourne, se
détourne, se lève, s’en va. Je glisse dans la pénombre, je fais semblant de prier, le prêtre aime le froid, de nouvelles putes autour de moi, sombre scénariste mal en vue, vue
qui baisse, elle baisse mon futal. Pourtant, je ne pense plus qu’à elle, mon
histoire sombre dans le noir, roman noir, délire paranoïaque, je suis suivi, un
cadavre dans le coffre de la voiture comme pour un Chandler, Rain en femme
fatale, instigatrice de ma perte, manigance ma fin, fin du vide, on a winter's day. Ma vie est
vide depuis des années, vide d’envie, emplie de whisky and the sky is gray. Seul dans mon lit, les
draps encore maculés de son parfum et de sa sève sucrée, il ne me reste que le
silence autour d’une bouteille vide.
« Le silence est un sourire. Le silence scelle quelque chose. »
Suite(s) Impériale(s), Bret Easton Ellis.
Mama Cass et Michelle Philips, et mes 18 ans. Ca fait mal.
RépondreSupprimerDis-toi que tu as mieux vécu que Mama Cass... Un sandwich au jambon pour accompagner ?
SupprimerCela fait bien longtemps que je n’ai pas lu Brett Easton Ellis… Je me suis arrêté à American Psycho. Pour rattraper mon retard je vais bientôt me prendre l’intégrale chez Robert Laffont. (Goran : https://deslivresetdesfilms.com)
RépondreSupprimerCela faisait aussi bien longtemps que je n'avais pas replongé dans l'univers de B.E.E.
SupprimerQuestions existentielles :
RépondreSupprimer-ce serait pas mieux d’avoir le cul à l’air que désinhibé?
-les Roberts, les Bobs, chu toute mêlée là, c’est Joe qui serait pas content d’entendre ça...
-parlant des Joes, ils se promènent « à l’air » eux avec?
-pourquoi c’est mouillé? ^^
-paraît que c’est moins mortel les corbeilles de fruits que les sandwichs au jambon...
-one bourbon, one scotch, one beer
Il me reste juste à aller découvrir ce Bret Easton Ellis et peut-être son « Glamorama ». Tabarnak!
Réponses non existentielles :
Supprimer- cul à l'air ou cul désinhibé, un cul est un cul !
- Joe, Bob et Robert, des amis de longue date.
- Vu le taux de plastique dans les Joes, ils peuvent se promener à l'air toute la journée en Californie...
- Est-ce que cela à un rapport avec le taux d'humidité de la moule ?
- Dangereux, le sandwich au jambon. On ne s'en méfie jamais assez. Comme du bretzel...
- vodka à l'herbe de bison ? Lait-Fraise ?
Ce B.E.E. ne serait qu'à privilégier pour les fans... Par contre, tabarnak, ce Glamorama, si tu rentres dedans c'est aussi mortel qu'un sandwich au jambon ou qu'une paire de big joe à l'air ! Enfin, je l'ai lu quand j'étais jeune, peut-être qu'il faut être encore jeune pour le lire... je sais pas... je suis plus très jeune... je sais pas si je l'aimerais autant... Par contre, les Joes, je sais toujours, ça y'a pas d'âge...
Bonsoir le Bison, je dirais qu'heureusement le livre est court et se lit vite. Easton Ellis raconte des histoires qui ne font pas rêver mais il a un certain talent pour le faire. http://dasola.canalblog.com/archives/2010/09/07/18976879.html Bonne soirée.
RépondreSupprimerUn talent certain, plus dans d'autres romans.
Supprimer(Visiblement encore un post qui a fini dissout dans le néant informatique, donc je reviens à la charge) Voilà une lecture qui ne réchauffe pas que le cœur mon bison ! Va me falloir un remontant après ça, un bon coup de fouet, et j'en profiterai pour remettre cette/ces suite(s) impériale(s) sur ma table de chevet.
RépondreSupprimerTout est prétexte au remontant, je vois... Mais je me demande si je n'aurais pas dû relire avant son "moins que zéro" pour m'imprégner de l'atmosphère et suivre l'histoire 25 ans après...
SupprimerUn livre sur une table de chevet ? Je n'y avait pas encore pensé. D'habitude, c'est une bouteille de bourbon ou de vodka :D
Je dois avouer que je n'ai pas aimé du tout American Psycho, mais je pense réessayer de lire un livre de cet auteur cet été :)
RépondreSupprimerJe peux comprendre... American Psycho est particulier comme beaucoup d'autres de ses livres... Peut-être voir du côté de Lunar Park...
SupprimerCalifornia Dreamin ! La vache ça fait mal !
RépondreSupprimerTu en as d'autres des comme ça qui nous rajeunissent pas ?!
Bon pour le coup j'étais pas née ;-)
lolll
On n'a juste l'âge de son sourire...
SupprimerC'est pour ça que j'ai un âge canonique...