Magyd Cherfi tombe la chemise. Torse-nu, il se dévoile. Sa jeunesse, son adolescence, son zoo. Le zoo, une banlieue de Toulouse, la ville rose de Nougaro, une ville plutôt grise pour Magyd. Pourtant, le chanteur de Zebda l’aime cette ville et c’est certainement pour ça qu’il m’en parle. Il égrène des souvenirs comme des vieilles égrèneraient leurs chapelets devant la statue de la Vierge Marie. Marie un prénom bien français qui change assurément de ces filles de la cité qui elles ont un nom du bled. Marie, il pourrait s’assoir à côté d’elle dans le bus au collège, le seul moment où il peut regarder ces filles de près…
« Allons plus loin, si tu lisais des livres sans images, si t’étais fan des films de Claude Sautet ou que t’aies du respect par exemple pour les animaux domestiques… pire, si t’aimais pas les films de Bruce Lee… là c’était Sodomie. Moi dans le zoo, j’ai longtemps marché les deux mains dans le dos.
On n’avait pourtant pas d’ailes dans le dos
T’es né ton nom sera pas un cadeau
On avait honte jusqu’à la lie
C’est qu’on s’appelait pas Zidane ou Boli… »




