mardi 27 février 2018

Un Week-end sur Deux

J'aimerais bien comprendre, je ne sais pas ce qu'on leur met dans la tête. 

Un homme face à un juge... Une femme qui accuse... Deux enfants qui ne veulent plus voir leur père. La violence d'un père, mais les preuves manquent, l'homme parait sincère, un air presque de chien battu face à madame le juge. Se repentir, jusqu'à la garde.

Une histoire des plus banales, tellement ordinaire, le divorce d'un couple. D'ailleurs la première séquence est sortie du quotidien d'un juge, une greffière, deux avocats qui plaident la cause de leur client, et les enfants au milieu de ce contrat d'adulte. 

Un week-end sur deux pour commencer. Mais c'est la peur qui [re]commence. Et la tension s'installe pour l'heure suivante. En crescendo. Avec sa bonne bouille, un peu triste, Denis Ménochet donne envie qu'on l'écoute. Mais ça ne dure pas bien longtemps. Avec son regard vide, Léa Drucker semble absente, presque indifférente à la situation. Mais ça ne dure pas bien longtemps. Car la violence commence. Une violence psychologique, des rapports de force qui s'installent, une violence verbale avant de devenir physique. Des cris, des empoignades, la force d'un film magistral mais pesant, énormément éprouvant.  



Lorsque le générique s'installe, le silence s'impose. Que dire après un tel film. Rien. Les mots ne viennent pas, les yeux sont devenus humides, la salle est K.O.. Aucun mot ne semble sortir, même l'envie de popcorns sucrés a été abandonnée depuis plus d'une demi-heure, pris par le tourment et l'horreur de ce film. Pas un film d'horreur. Bien pire. Un film bien réel, qui traite d'une situation malheureusement bien réelle. Moi aussi, je garde le silence - je sais si bien faire, emprisonner mes sentiments au fond de moi. Le silence mais pas se taire.

« Jusqu'à la Garde », Xavier Legrand.





Et pour les fans du Proud Mary de Tina Turner
un peu de V.O. s'impose,  
Tina version 1971 avec Ike, violence encore,
talons hauts et mini-robe violette, 
mon côté fashion-victim, pour débattre, j'adore,
d'ailleurs ne trouves-tu pas que je ne parle pas assez de mode féminine,
surtout pour prendre la route du cinéma.



14 commentaires:

  1. Pas vu le film mais la Proud Mary keeps on rollin' on the river rudement bien avec Ike et Tina, archétype du couple en harmonie (?).

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    1. Ike et Tina, l'image du couple qui symbolise bien ce film. D'ailleurs, je ne pense pas que le réalisateur n'est vu en ce titre qu'une simple coïncidence...

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  2. Bonsoir le Bison, oui à la fin du film, on reste sans voix. Menochet fait peur et on plaint le garçon et sa mère. Ils n'affabulaient pas. Bonne soirée.

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    1. Heureusement que la voisine n'est pas restée sans voix...

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  3. Rahhhhhh j'ai manqué sa sortie et je voulais le voir celui ci !
    Je savais qu'il était poignant et prenant !
    J'attendrai qu'il sorte en DVD pour le voir !

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    1. Il doit passer encore... il vient juste de sortir... il a moins d'une semaine...

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  4. Terrible... Une histoire qui doit serrer la gorge...

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    1. Grand Ménochet, grand malade, la poigne ferme autour de la gorge...

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  5. Pas encore vu, mais cela semble être un film d'une grande intensité... (Goran : https://deslivresetdesfilms.com)

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    1. Intensité prenante, angoissante, anxiogène même.

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  6. "le silence s'impose. Que dire ... Rien. Les mots ne viennent pas... les yeux sont devenus humides"
    Voilà, c'est dit...
    Quelle tristesse...

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    1. La tristesse des putains de vie... De toute façon, la vie n'est que tristesse dans ce bas monde.

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  7. Le dernier quart d'heure met KO.
    Le trio de tête est impeccable.
    Bravo à la voisine.

    Merci de réhabiliter Proud Tina car il faut se laver les oreilles après la purge du concert in extenso dans le film...
    C'était tellement mauvais que je n'ai pas fait le rapprochement entre Tina et le thème du film. Alors bravo. Ça ne peut être involontaire en effet.

    Malgré toute l'humanité poignante de Denis Ménochet et la scène édifiante avec ses parents (courageux 3 acteurs d'interpréter ces gens) que dire de ses sous hommes ? Rien car on n'a pas les mots.

    Et un fusil rode dès le début...

    Merci pour le lien.

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    1. Un monstre poignant. Il faut être courageux pour interpréter ce genre de rôle... Les parents, malgré leurs petits rôles, jouent aussi merveilleusement bien en une scène de déjeuner.

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